A bas les régimes !

Comme chaque année, avec l’arrivée des beaux jours, un nouveau régime amaigrissant est médiatisé par la presse à  gros tirages. Comme les précédents celui-ci est infaillible, facile à suivre et les résultats garantis. Après le régime Dupont, Dukon attaquons allègrement celui Dumoment : le 5.2.

Un régime où l’on vous promet « monts et merveilles » à condition de jeûner deux jours par semaine. Cool ! Devant les résultats prometteurs de ce régime, initialement destinés aux personnes porteuses de tumeurs, il est maintenant proposé à toutes personnes souhaitant maigrir. Toutefois certains professionnels de santé n’hésitent pas à mettre en garde la pratique du jeûne quand on est porteur d’une tumeur cancéreuse. En effet,  les cellules malignes puisent les premières dans les maigres réserves alimentaires mises à disposition, au détriment des cellules saines qui elles s’épuisent.

C’est motivée (95 % des régimes sont suivis par des femmes) que vous commencez le régime Dumoment avec une détermination farouche pour  perdre ces quelques kilos qui alourdissent votre silhouette de jeune fille. Vous pesez vos aliments (histoire de bien vous culpabiliser si vous mangez 30 grammes de  plus), vous dissociez vos menus (alors qu’à chaque repas le corps produit des enzymes pour chacun des nutriments qui composent les aliments), vous vous gavez de protéines (qui produisent des toxines en excès et qui bloquent vos reins)…et trois mois s’écoulent (en général l’été car c’est à ce moment-là que les régimes se font plutôt que de profiter pleinement de vos vacances). Passée l’euphorie des 500 g perdus la première semaine, votre poids reste stable malgré vos efforts draconiens. Les premières désillusions apparaissent avec l’automne à la reprise du travail. Le constat d’échec est bien là. Votre poitrine a fondue (au « grand dam » de votre compagnon) alors que votre taille et vos hanches ont doublé de volume. Elles sont gonflées par une eau (celle des 1,5l/jour) qui s’obstine à stagner dans vos cellules pour former un capiton cellulitique disgracieux que même les robes larges auront du mal à masquer.

AUCUN régime, aussi sophistiqué soit-il, n’est efficace sur la durée et sur la majorité des personnes qui le font. Ceci pour une raison bien simple :

Chaque personne est différente dans sa capacité d’assimiler sa nourriture.

Il y a cette injustice que tout le monde connaît : la femme qui grossit en buvant deux verres d’eau alors que celle qui se « goinfre » sans limite ne prend pas 1 gr… (rassurez-vous, dans les deux cas il y a un problème d’assimilation).

Au-delà de cette injustice digestive, d’autres facteurs sont à prendre en compte dans l’équilibre taille/poids : la production hormonale, le stress. Le cycle féminin est souvent un facteur déclenchant une prise de poids (ballonnements, gonflement) au moment des règles…

Ménopause et andropause favorisent eux aussi une prise de poids (due à la baisse de la production hormonale) très localisée à la  taille et le bassin pour la femme (l’intérieur des cuisses parfois pour les plus chanceuses), le bas-ventre pour les hommes (aussi et oui !).

Un autre facteur de prise de poids est la qualité des aliments qui se détériore chaque jour. La chaîne de l’agroalimentaire, dont le seul but est d’augmenter ses marges, utilise des ingrédients de qualité médiocre et d’origine douteuse (les scandales alimentaires remplissent les colonnes des journaux à grande diffusion : lasagnes de cheval, fromage sans fromage,…). La grande distribution, complice de la chaîne de l’agroalimentaire, distribue sans scrupule ces aliments bourrés de graisses saturées, de sucre rapides, de sel raffiné, d’édulcorants, de colorants chimiques, de conservateurs cancérogènes…  à des acheteurs au maigre pouvoir d’achat mais au caddies bien remplis. Les actionnaires des grandes surfaces, souvent les mêmes que ceux de l’agroalimentaire et des lobbies pharmaceutiques s’engraissent sans vergogne sur le cholestérol des pauvres (pas grave, ils ont le médicament contre le cholestérol …).

Comment faire pour maigrir dans un dans un contexte aussi difficile ?  

Le premier élément, qui constitue la base de tout amaigrissement, est de « moins manger ». Globalement 30 % d’aliments sont consommés au-delà de nos besoins quotidiens. Déterminez vous-même les aliments qui vous font grossir et éliminez les temporairement.

Le second élément dans une alimentation équilibrée est de « mieux manger ».

Quelques règles élémentaires constituent la base d’une alimentation équilibrée:

Consommez des produits issus de l’agriculture biologique pour éviter les désagréments des produits transformés par la chaîne agroalimentaire. Oui, c’est vrai, les produits biologiques certifiés coûtent plus cher (en moyenne 20 %) mais ils ont une durée de vie plus longue. Leur qualité nutritionnelle plus efficace réduit la quantité nécessaire à acheter pour se nourrir. Restez vigilants car certaines grandes surfaces qui proposent des produits dits « biologiques » sont des filiales des grandes surfaces majeures. Elles appliquent les mêmes principes de vente que les grandes surfaces non biologiques dont elles dépendent. L’idéal est donc de vous approvisionner dans des sites de ventes de produits biologiques de taille humaine qui s’approvisionnent en produits locaux et de saison. Le marché reste le lieu d’approvisionnement idéal et en plus il crée du lien. Pour les plus courageux, pensez aux AMAP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne ou de Proximité) qui nécessitent un investissement temps et associatif plus important.

Evitez les  sucres rapides sous toutes leurs formes (sodas, viennoiseries, bonbons…). Ne prenez pas de sucres rapides en fin de repas car ils acidifient votre organisme et réduisent ainsi l’assimilation des aliments ingérés. Ne mangez pas de sucre au minimum 5h avant votre coucher. Ils apportent une énergie que vous nous consommerez pas (inutile de faire le plein de votre voiture si vous devez la ranger au garage). Pour les amateurs de sucre, deux horaires sont idéaux : en fin de matinée et en fin d’après-midi (sauf si vous bossez de nuit). Pensez également à bien respecter l’ordre d’acidité de vos sucres : commencez par des fruits frais et mûrs de saison, continuez par des fruits compotés et enfin des fruits secs et oléagineux (amandes, noix..). Aucun problème si vous souhaitez terminer par du « pur sucre » sous forme de gâteau (évitez bien sur crèmes pâtissières, crèmes au beurre…chantilly, Humm !) ou de chocolat (noir non sucrée à 70 % de cacao minimum). Prudence avec le miel qui est 100% sucre et 100% assimilable : à consommer avec modération, en dehors des repas en respectant le miel de la saison, « bio » quand c’est possible!

S’hydrater  est primordial dans le régime amaigrissant à une seule condition, c’est que vous éliminiez  l’équivalent de ce que vous avez bu. C’est-à-dire que si vous ne transpirez pas ou si vous n’urinez pas il n’est pas utile de boire 1,5L conseillé par jour (ce qui reviendrait à arroser toutes les plantes de la même façon à savoir qu’un cactus a besoin d’une goutte d’eau par mois alors qu’un papyrus se dessèche en quelques heures si ses racines ne sont pas humides…). Les eaux minéralisées, comme leur nom l’indique sont minéralisées, ce qui les rend assez difficile à digérer. Elles sollicitent, pour ne pas dire fatiguent les reins. Buvez ces eaux minéralisées lors de cures ou de diètes hydriques de courtes durées (1 à 21 jours  maximum). Chaque eau minérale a un rôle particulier selon l’organe sur lequel elle agit (Hépar pour le foie, Contrexeville pour les reins, Vichy St Yorre pour l’estomac…). Les eaux de source, peu minéralisées sont plus faciles à assimiler. Chargées énergétiquement, elles dynamisent les échanges cellulaires dans l’ensemble du corps.

Manger 5 fruits et légumes/jour, comme le préconise un certain nombre de diététiciens, reste très aléatoire. Des fruits sont sources de sucres rapides (fructoses) très assimilables qui favorisent l’obésité et perturbent les diabétiques. Vous pouvez cependant les intégrer dans un repas si vous les  mangez au début (melon, tomates, pamplemousses). Sinon gardez pour le goûter. Pour les légumes, il est préférable de les manger en crudités en associant les légumes ligneux comme les racines (carotte, navet, radis…) avec des légumes plus souples (avocats, betteraves, brocolis…). Les légumes peuvent aussi accompagner une protéine qu’elle soit animale ou végétale. Afin d’éviter les inflammations dues à l’excès de légumes (colites) et les ballonnements… pensez à bien les « graisser » avec des huiles végétales adaptées à la saison (tournesol/été, pépins de raisins/automne, noix/hiver, olive/printemps)…

Les produits laitiers biologiques présentent un intérêt majeur, ils réactivent la capacité digestive des intestins en renforçant la flore intestinale (les défenses immunitaires). Le lait animal est à supprimer sans condition (comme le disait professeur Seignalet « le lait de vache est réservé aux veaux »). Les fromages à pates cuites (comté, emmental, merzer) restent plus digestes malgré leurs 70 à 80 % de matière grasse (sauf le merzer qui est « allégé »). Les yaourts et fromages blancs (20% MG), issus de l’agriculture biologique, sont à consommer sans tarder (sans sucre, ni miel bien évidemment).

Les protéines sont indispensables (80/100 g par jour suffisent), protéines animales pour ceux qui le souhaitent. Pensez à la cuisson vapeur plus douce. Privilégiez, quand c’est possible pour vous, les poissons dont la traçabilité reste encore possible. Les amateurs de protéines végétales sauront adapter leurs goûts à leurs besoins (tofu/tempeh/soja…).

Éviter tout  grignotage qui fatigue l’estomac et le rend moins efficace dans sa fonction d’assimilation (y compris les gommes à mâcher et les bonbons).

Voici donc les quelques règles élémentaires qu’il faut suivre pour une alimentation équilibrée (à visée amaigrissante). D’autres règles d’hygiène sont nécessaires, à savoir une pratique physique régulière, une réduction (pour ne pas dire suppression) du tabac, un sommeil régulier, une vie sans stress…

Bien sûr que ces conseils paraissent simplistes mais ils sont efficaces. Le meilleur moyen de savoir et de les appliquer d’une façon durable (deux à trois mois au minimum)

Idées reçues pour justifier un surpoids …

  • J’ai un gros squelette ! NON, avoir un gros squelette ne vous autorise pas avoir 15 kg en plus…
  • Mes parents sont gros, donc je suis gros ! NON, avoir des parents en surpoids ne vous oblige pas à être vous aussi en surpoids. (même si vous avez longtemps pensé  qu’être « énormes »  étaient dans « les normes » !) Le facteur héréditaire est présent mais pas déterminant si votre volonté de maigrir est sans appel.
  • Mon bébé est un « beau » bébé! NON un beau bébé n’est pas un gros bébé (inutile d’avoir un bébé plissé, ce n’est pas un Shar Pei !). L’obésité peut se déterminer dans les deux premières années de la vie d’une personne.

Le ton de cet article n’est pas très flexible car décider de maigrir nécessite de la volonté. Il ne s’agit pas de faire n’importe quoi. Avoir du surpoids ou de l’obésité est un facteur aggravant pour votre état de santé mais maigrir se fait sur la durée en douceur.

Donc comme disent les musiciens : ALLEGRO ma non troppo !

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